L’Assemblée nationale française dresse un constat lucide de la Belgique

L’hebdomadaire “Le Vif-L’Express” a publié dans son édition du 18 mai un dossier intitulé “La France enterre la Belgique”. Les élus français, réunis au sein de l’Assemblée nationale, ont en effet acté “noir sur blanc” que la Belgique était en voie de disparition: “La question n’est plus de savoir si elle survivra, mais quand et comment elle disparaîtra”. La mission parlementaire d’information avait été confiée à Robert Lecou (UMP, Hérault) et Jean-Pierre Kucheida (PS, Pas-de-Calais). Ils ont interrogé une quarantaine de personalités politiques belges actives ou à la retraite, des politologues, journalistes, hommes d’affaires, diplomates, francophones et flamands.

La conclusion du rapport de ces deux hommes dépêchés par Paris est claire; les jours de la Belgique telle qu’elle survit aujourd’hui sont comptées: “Le pouls qui a été pris du pays est faible. C’est celui d’un Etat au bout du rouleau, qui a épuisé ses dernières cartouches pour maintenir le “brol”…Nul ne saurait prétendre ranimer une âme belge qui n’apparaît plus que par éclipses”. Ils ajoutent que les Flamands agissent comme des égoïstes , qui ont oublié “que la prospérité passée de la Wallonie a été bénéfique pour la Flandre … Ils ne pourront être satisfaits que si le cordon belge est coupé ou, tout au moins, largement distendu … Une interrogation substiste sur le projet politique final de la Flandre”. La France ne dévoile pas son plan B: le rapport indique simplement que “nos interlocuteurs wallons n’ont pas exprimé le souhait de rejoindre la France”.

En attendant, les élus français ne manquent pas de critiquer l’attitude de la Flandre nationaliste et conquérante. Lors du débat à l’Assemblée nationale, Jean-Pierre Kucheida (PS) a souligné que les politiques flamands agissent comme des “égoïstes, ingrats, et même fascistes par certains comportements, proches de l’exaction”. Les députés français Jacques Myard (UMP, Yvelibes) et Christian Bataille (PS, Nord) ont donné leur opinion au Vif.

Pour Jacques Myard (UMP) , on observe depuis des décennies que “deux nations de langue et de culture différentes ne veulent plus vivre ensemble … l’Etat belge, largement artificiel et voulu par les anglais, est dans un processus de dislocation inéluctable… Ce qui se passe en Flandre est assez démentiel, en tout cas indéfendable. Quand on viole à ce point les règles européennes, lorsqu’on observe une telle remise en cause des possibilités de parler sa langue, je ne peux que dénoncer des méthodes fascistes. Cela fait frémir”. Et l’avenir? “Il appartient aux Wallons et aux Flamands de se déterminer. C’est à eux d’enclencher le preocessus d’autodétermination. Sans doute, à terme, une entente entre Wallons et Frnaçais sera à définir, sans qu’il y ait rattachement de la Wallonie à la france du jour au lendemenain”.

Pour Christian Bataille (PS), le rapport “souligne l’ingouvernabilité apparente de la Belgique du fait de l’instabilité de son niveau fédéral … La Belgique a tenu, et bien tenu, face à l’Histoire. Mais elle est aujourd’hui confrontée à une telle exacerbation nationaliste … le discours de Bart De Wever comporte beacuup d’éléments communs à l’extrême droite autrichienne ou italienne: intolérance, égoïsme, racisme, refus de l’étranger.” Il ajoute “La France devra accueillir à bras ouverts la Wallonie, cela me paraît naturel. Wallons et Français n’ont jamais été séparés que par des frontières artificielles. Mais si la France se manifestait aujourd’hui sur ce sujet, ce serait très maladroit”.

Détails sur : http://www.francophonedebruxelles.com