Les francophones : non vous n’aurez pas Bruxelles

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Les propos de Geert Bourgeois ont provoqué des réactions très vives dans les rangs francophones. En voici un florilège.

Laurette Onkelinx : ” Aujourd’hui, la N-VA a enfin tombé le masque. Puisqu’il faut redire les choses clairement : personne, je dis bien personne, ne touchera au statut de Bruxelles, région à part entière, région à égalité avec la Flandre et la Wallonie. C’est d’ailleurs ce que consacre la 6e réforme de l’Etat, tout en assurant enfin à la Région bruxelloise le refinancement dont elle avait tant besoin et en faveur duquel les socialistes se sont battus “, affirme la vice-Première ministre et présidente de la fédération bruxelloise du PS. Pour Laurette Onkelinx, ” la Région bruxelloise appartient aux Bruxellois et ce sont eux seuls qui décideront de leur avenir. Personne d’autre “. Le PS bruxellois rejette le modèle de cogestion et de repli que propose la NVA. ” Bruxelles n’est pas un espace territorial qu’on peut s’arracher pour augmenter un pouvoir économique ou des capacités foncières. Non, Bruxelles est une capitale forte de l’Etat Belgique, de l’Europe, une métropole internationale plurilingue, multiculturelle et ouverte .” Laurette Onkelinx conclut : ” Nous ne céderons donc ni à la convoitise des uns ni au mépris des autres, bien au contraire : nous défendrons Bruxelles avec passion et conviction, en refusant toute réforme qui amènerait Bruxelles à être gérée par d’autres que les Bruxellois eux-mêmes ! “

Même fermeté chez les libéraux : ” Nous ne lâcherons pas Bruxelles et si l’ambition de Geert Bourgeois est de devenir ministre-président d’une Flandre qui déclare son indépendance, il peut déjà chercher un local en Flandre, quitter la place des Martyrs, là où siège le gouvernement flamand, jamais la Flandre n’obtiendra son indépendance avec Bruxelles” , a pour sa part indiqué le président du MR. Charles Michel s’est par ailleurs montré très inquiet quant à la dérive constatée à Anvers. Il s’est dit particulièrement ” outré par la nouvelle dérive constatée dans la gestion de la politique anversoise depuis la mise en place du nouveau bourgmestre Bart De Wever qui donne son feu vert à une manifestation d’extrême droite dans la métropole “. Pour Charles Michel, ” il n’aura donc fallu que quelques semaines pour que les masques tombent et que la N-VA révèle son vrai visage ” avec l’autorisation de la manifestation donnée pour le 1er mai prochain à la N-SA, un groupe néofasciste dont les leaders auraient déjà été condamnés pour haine raciale. ” Nous ne pouvons rester passifs quand un bourgmestre donne son aval pour une manifestation destinée à attiser la haine. C’est une attitude lamentable. Il faut rapidement un sursaut “, demande le président du MR qui préconise s’il le faut un recours aux autorités de tutelle pour éviter que de telles dérives ne se reproduisent et pour imposer l’interdiction de cette manifestation destinée à attiser la haine.

Olivier Maingain, président du FDF, s’étonne de l’étonnement des autres francophones : ” Je tiens à rappeler aux partis francophones que Geert Bourgeois refuse toujours de nommer les bourgmestres francophones de la périphérie, ce qui est déjà la preuve de son intolérance “, indique M. Maingain. Face à ces attaques, il plaide pour un projet plus clair, plus affirmé pour Bruxelles et la Wallonie. ” Il faut également réaffirmer que Bruxelles doit être une région à part entière .” Olivier Maingain annonce qu’il va demander au Premier ministre, Elio Di Rupo qu’il prenne l’initiative d’une consultation avec l’ensemble des partis francophones ” afin de définir enfin un projet visant à protéger Bruxelles dans une relation étroite avec la Wallonie “.

De son côté, Olivier Deleuze, coprésident d’Ecolo, était l’invité dimanche midi de la RTBF. Interrogé par Thomas Gadisseux, il a précisé : ” Si la Flandre décide de partir, eh bien, elle part. Bruxelles et la Wallonie resteront .” Pour le dirigeant Ecolo, la meilleure façon de se préparer à cet éventuel scénario, c’est d’avoir des régions prospères, c’est d’investir, à Bruxelles, par exemple, dans les politiques de mobilité, de lutte contre le chômage. Et de souligner que tous les indicateurs ne sont plus négatifs : en témoignent les derniers chiffres de l’Institut des comptes nationaux, mentionnés par Johan Sauwens, ex-Volksunie, actuel député CD&V.