L’accord secret pour une “flamandisation” de la ville d’Alost

L’accord secret de la ville d’Alost : autoritaire avec des éléments asociaux

Céline Bouckaert : le Vif du mercredi 24 avril 2013 à 10h48

AlostUn accord administratif secret de la ville d’Alost est arrivé dans les mains du “NOIG Verontruste Aalstenaars”, un groupe d’Alostois qui déplorent la coalition du CD&V et du sp.a avec la N-VA, le parti du bourgmestre Christophe D’Haese. Dans l’accord, on peut lire notamment que la ville d’Alost veut faire surveiller le guichet destiné aux étrangers par la police. C’est ce que révèle le journal De Morgen. “L’accord est animé d’un esprit autoritaire et contient de nombreux éléments asociaux” estime Filip De Bodt, du Noig Verontruste Aalstenaars. Même son de cloche du côté de l’opposition où Jean-Jacques De Gucht (Open VLD) déclare : “Comme si les étranger avaient commis d’office des faits criminels. Ils créent un monde séparé pour ces gens, ce n’est pas ainsi qu’on stimulera leur intégration. Cette mesure a un arrière-goût particulièrement amer”.

Sarah Smeyers, membre de la chambre et conseillère communale pour la N-VA tempère ces propos. “Le guichet travaille avec la police, comme c’est le cas à Malines. Cette collaboration permet notamment de détecter la fraude au domicile et les mariages blancs plus rapidement.”

“Flamandiser” les noms de rue et contrôle linguistique

L’accord prévoit également de retirer le drapeau belge qui flotte sur l’Hôtel de Ville et de “flamandiser” les noms de rue de la ville. Cette “flamandisation” des noms de rues implique “la traduction” de certains noms de rues en dialecte alostois et l’ajout de petits lions flamands sur les plaques des rues.

En outre, les locataires de logements sociaux devront subir un contrôle linguistique, une pratique pour laquelle la Belgique a déjà été réprimandée par l’Europe. Quant aux membres de la majorité, ils n’auront qu’à bien se tenir puisque l’accord stipule que “les parties soussignées s’engagent à ce que tous les membres de leur fraction au conseil communal votent conformément aux conventions de la majorité. Si un conseil communal émet un vote différent de la majorité, il se place en dehors de la majorité”.

Bruxelles, capitale artistique chic et pas chère

NRC Handelsblad Amsterdam 18 avril 2013

La capitale belge devient incontournable pour les galeristes d’art contemporain. Moins chère, moins saturée et dotée d’un dynamisme culturel sans égal, la ville connait un boom artistique. Pas sûr qu’il perdurera, selon certains.

Sabeth Snijders

MagritteBruxelles, c’est “presque” l’El Dorado des galeristes, estime le Français Sébastien Ricou né en1984, le plus jeune galeriste de la ville où il a récemment élu domicile. Il rayonne. Il y a quelques années, alors qu’il était en stage dans la galerie d’Almine Rech, il a pu constater à quel point l’idée de la galeriste de déménager de Paris vers la capitale belge était judicieuse. “A Paris, j’aurais eu deux fois moins d’espace pour le même prix”, dit-il.

Sébastien Ricou n’est pas seul. Ces dernières années, les galeries d’art contemporain poussent comme des champignons à Bruxelles. A cela s’ajoutent un nouveau directeur créatif à la tête d’Art Brussels, la foire d’art contemporain qui a lieu cette semaine [du 18 au 21 avril], en marge de laquelle sont organisés quelques salons d’art plus petits et le festival de performances de Wiels, centre d’art contemporain. Des médias comme le New York Times parlent d’une “renaissance créative” à Bruxelles.

Une programmation plus expérimentale

En 2006, la galeriste Almine Rech, mariée au petit-fils de Picasso, a déménagé en Belgique. Deux ans plus tard, Nathalie Obadia a suivi. Un pied-à-terre bruxellois offre, selon Constance Dumas, directrice de la galerie de Nathalie Obadia, la possibilité d’une programmation plus expérimentale : “En France, on peut difficilement rentabiliser une galerie en exposant des artistes dont les œuvres n’atteignent pas encore des prix élevés”, explique-t-elle.

A la même époque, la new-yorkaise Barbara Gladstone a installé son siège européen dans la capitale belge. Montrant en passant un Sol LeWitt dans le jardin, Maxime De La Brousse, de la Gladstone Gallery, explique : “Barbara n’a pas ouvert un établissement sur un coup de tête. Des artistes comme Anish Kapoor étaient déjà largement représentés à Londres et à Paris, le marché était saturé.”

Avec l’arrivée de quelques galeries de renom, ainsi que l’ouverture de Wiels, le centre d’art contemporain, en 2008, d’innombrables galeristes considèrent Bruxelles comme un lieu incontournable. Selon le public ciblé, ils s’installent près de l’avenue Louise, les Champs-Elysées de Bruxelles avec ses grandes maisons de couture et sa circulation dense, ou près de la rue Antoine Dansaert dans le quartier des boutiques et des bureaux de designers et d’architectes branchés.

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L’Europe fustige le décret flamand sur l’emploi des langues au travail

Le Soir du Mardi 16 avril 2013

Cour de JusticeLe décret flamand du 19 juillet 1973 réglant l’emploi des langues dans les relations sociales, qui prévoit notamment que tous les contrats de travail au sein d’entreprises ayant leur siège d’exploitation en Flandre doivent être rédigés en néerlandais, porte atteinte à la liberté de circulation des travailleurs, a jugé mardi la Cour de justice européenne.

L’arrêt de la Cour a été rendu en réponse à une affaire pendante devant les juridictions belges, concernant un ancien travailleur néerlandais de PSA, une entreprise qui gère des terminaux au port d’Anvers.

Après avoir été remercié en 2009, ce dernier a fait valoir l’illégalité de son contrat de travail, espérant par là obtenir une plantureuse indemnité. Selon lui, le contrat rédigé en anglais aurait dû l’être en néerlandais, conformément au décret flamand. Le décret stipule que lorsque cette obligation linguistique n’est pas remplie, le contrat est réputé nul.

Le tribunal du travail a interrogé à cet égard la Cour européenne à propos de la compatibilité dudit décret avec le principe de liberté de circulation des travailleurs. Il souhaitait savoir si l’exigence linguistique portée par le décret ne constituait pas un frein à l’activité d’employeurs ou de travailleurs étrangers en Flandre.

La Cour vient de répondre par l’affirmative. La disposition peut «avoir un effet dissuasif pour les travailleurs et employeurs non-néerlandophones» et constitue «une limitation à la libre circulation des travailleurs», a-t-elle jugé.

Il revient à présent à la justice belge de rendre une décision «conforme à l’arrêt de la Cour» européenne.

Incidents à Crainhem : Myriam Delacroix dépose plainte

Myrian Delacroix

La députée-bourgmestre de la commune à facilités de Rhode-Saint-Genèse, Myriam Delacroix (cdH), a décidé de porter plainte contre les membres du TAK après avoir été molestée dimanche par des extrémistes flamands à Crainhem, a annoncé lundi son parti. Cette plainte sera déposée “ afin de faire respecter l’Etat de droit et les règles pénales mais, aussi, car elle ne souhaite pas que demain d’autres faits similaires se reproduisent avec d’autres personnes ”, a précisé le cdH dans un communiqué publié à l’issue de la réunion heddomadaire de son bureau. Selon le cdH, “ une frontière a été franchie dans une escalade inacceptable, ce qui demande une réaction ferme de tous les responsables politiques flamands et francophones qui ne peuvent cautionner ces attitudes de quelque personne qu’elles proviennent ”.

La N-VA isolée sur la Communauté métropolitaine en Flandre

Détails sur : http://www.lavenir.net

Parlement flamand

La Communauté métropolitaine fait partie de l’accord sur la scission de BHV. La N-VA s’est trouvée bien isolée, ce mercredi, en Commission du Parlement flamand, lors d’un débat sur la Communauté métropolitaine (CM). Il s’agit d’une plate-forme dans laquelle se retrouveront les régions et les communes des Brabants flamand et wallon.

Le CD&V et le sp.a ont clairement dit qu’ils n’acceptaient pas que la N-VA continue à la présenter comme une forme d’élargissement de Bruxelles et demandent que le gouvernement flamand prenne position. La constitution d’une Communauté métropolitaine fait partie de l’accord sur la scission de l’arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde.

Dès le début, la N-VA – qui n’est pas partie prenante à cet accord communautaire intervenu entre 8 partis – a dit que la CM constitue une forme détournée d’élargissement de la Région bruxelloise et de francisation de la périphérie.

Eric Van Rompuy (CD&V) s’en est pris au ministre des Affaires intérieures Geert Bourgeois (N-VA) dont le parti «échauffe» les esprits dans la périphérie contre l’accord sur BHV. «Le gouvernement flamand doit s’opposer à cette désinformation». M. Van Rompuy a insisté sur le fait que la CM ne peut imposer aucune décision aux communes et qu’on ne peut pas obliger celles-ci à y participer. Pour le sp.a, Mia De Vits a abondé dans le même sens.

Les partis d’opposition Open Vld et Groen ont également demandé au ministre de clarifier sa position. Seul le Vlaams Belang a apporté son appui à la N-VA.

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Minorité francophone en Flandre: L’APFF appelle la Belgique à la transparence

COMMUNIQUE DE PRESSE

Minorité francophone en Flandre: L’APFF appelle la Belgique à la transparence

De Haan (Belgique), le 8 avril 2013 – “Après le record du monde de la crise politique la plus longue, la Belgique va-t-elle s’illustrer dans une nouvelle discipline? La pratique de la langue de bois en réponse aux recommandations de l’ONU! Celles concernant les minorités, dans le cadre de l’Examen périodique universel, en particulier”, peut-on lire dans le dernier numéro des « Nouvelles de Flandre », organe de l’Association pour la Promotion de la Francophonie en Flandre (APFF).

Et à l’APFF de poursuivre: “Lors de l’Examen périodique universel de la Belgique en mai 2011, une dizaine de pays, dont quatre grandes puissances – les Etats-Unis, la Chine, l’Inde et la Russie -, se sont inquiétés de la situation des minorités dans notre pays.

La Russie a recommandé à la Belgique de ratifier la Convention-cadre sur la protection des minorités nationales. Tandis que la Hongrie recommandait, elle, la ratification de la Charte européenne sur les langues régionales ou minoritaires.

La Belgique ne s’attendait visiblement pas à ces deux recommandations. Elle avait, en effet, pris soin de ne pas parler de la situation de la minorité francophone en Flandre dans son rapport.

Face à cette situation délicate, la Belgique a fait savoir que ces recommandations, ainsi que onze autres, devaient faire l’objet d’un examen approfondi. Elle s’est en même temps engagée à ‘adopter une position claire à leur sujet’ au plus tard en septembre 2011, lors de la 18ème session du Conseil des droits de l’homme.

Mais, comme on pouvait s’y attendre, la clarification tant attendue n’était pas au rendez-vous. Le Représentant permanent de la Belgique auprès des Nations-Unies à Genève, François Roux, s’est contenté de déclarer que ‘jusqu’à présent, il n’y a pas d’accord, en Belgique, sur le concept de minorité nationale’. Et de rappeler, en guise de conclusion, que ‘la Belgique s’est engagée volontairement à présenter un rapport intermédiaire pour son examen périodique universel en 2013”. Avant d’ajouter : “Ce qui signifie que nous reviendrons vers vous, au Conseil des droits de l’homme, dans deux ans, pour vous faire part du bilan à mi-parcours et vous indiquer nos progrès’. (…)

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En périphérie, les documents en français des Colruyt uniquement sur demande

Détails sur : http://www.sudinfo.be

Jean Dorsimond a l’habitude depuis 15 ans de faire ses courses au Colruyt de Vilvorde situé à Mutsaardplein à deux pas de la chaussée Romaine. « Le 29 mars, j’ai constaté qu’il n’y avait plus de formulaire en français à la boucherie alors qu’auparavant, il y en avait toujours eu. Quand j’ai demandé à un employé de la boucherie où ils étaient passés, il m’a répondu qu’il devait les cacher. Il peut fournir le document en français uniquement sur demande individuelle du client. J’en ai marre d’être gêné de parler français à 100 mètres de la région bruxelloise », explique Jean Dorsimond qui a adressé un coup de gueule sur la page Facebook de l’entreprise Colruyt.

Un coup de gueule, qui après avoir récolté plus de 1.600 « j’aime », près de 750 partages et pas moins de 300 commentaires, a été supprimé par le gestionnaire de la page.

« Je me demande de qui vient cette décision. La commune de Vilvorde, le groupe Colruyt ou le gérant du magasin. Quand j’ai posé la question au gérant, il m’a répondu que c’était normal car nous étions en Flandre. Je lui ai rappelé que 60 % de ses clients étaient francophones », précise Jean Dorsimond qui estime parler bien le néerlandais mais pas suffisamment pour connaître les noms de toutes les viandes.

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