Flandre: des francophones portent plainte à l’ONU

Des francophones de Flandre ont annoncé jeudi avoir déposé plainte pour non-respect de leurs droits culturels devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU.

L’Association pour la promotion de la francophonie en Flandre (APFF), qui estime à 367 000 le nombre de francophones vivant en Flandre, sur une population d’environ 6,2 millions personnes, a déposé sa plainte le 21 avril devant l’instance onusienne dont le siège est à Genève, selon un communiqué.

La plainte a été déposée en suivant la procédure 1503, qui prévoit l’examen de plaintes portant sur des “violations des droits de l’homme flagrantes et systématiques”, ajoute l’APFF.

L’association souligne notamment que la Flandre refuse de ratifier la convention-cadre sur la protection des minorités nationales du Conseil de l’Europe, que le gouvernement belge a pourtant signée en 2001.

L’APFF reproche également au ministre CD&V des Affaires étrangères, Steven Vanackere, “d’éluder” la question de la minorité francophone de Flandre dans le rapport qui doit servir de base à l’examen de la situation belge par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU.

Pour l’association francophone, le “code flamand du logement”, qui stipule que les futurs locataires des logements sociaux en Flandre doivent apprendre la langue de la Région, devrait pour le moins être examiné.

L’APFF dénonce également le refus de la Flandre de conclure un “accord culturel” qui permettrait aux autorités francophones de Belgique de promouvoir des activités en français sur son territoire.

Philippe Geluck – Comment se pose le problème de la langue à Bruxelles ?

GeluckIl ne se pose pas, ou pas encore… Tout le monde y parle – plus ou moins bien – français, y compris les Flamands. Mais j’ai appris les deux langues à l’école, et j’ai toujours vu la ville comme une ville bilingue. J’ai le souvenir, d’avoir entendu, enfant, les gens au marché mêler très naturellement les deux langues dans la même phrase. J’entends encore le receveur dans le tramway dire, dans le même souffle : « Avancez, s’il vous plaît ! Doorschuiven, alst u blieft ! »

Aujourd’hui encore, les deux langues sont omniprésentes, à commencer sur les plaques des rues. Bruxelles reste francophone, mais on peut remarquer que de plus en plus de publicités sont rédigées en flamand. Pourquoi ? Parce que la ville, dans la journée, est à majorité flamande, avec l’énorme afflux des gens qui viennent y travailler.

Bruxelles reste francophone, mais le contexte c’est la forte poussée des extrémistes flamands qui n’hésitent plus à dire ou à écrire des choses comme : « Nous allons mettre Bruxelles à genoux pour la reprendre, la redresser, et en faire la capitale de la Flandre. » Ce qui est un terrain de discorde ultra sensible aujourd’hui aurait pu être, au contraire, un atout fabuleux. C’est raté, alors, j’avoue une certaine nostalgie pour une époque plus joyeuse, celle des années 50-60.

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Les francophones défendent l’équilibre linguistique au gouvernement fédéral

Détails : Le Soir

16 rue de laloiL’Open VLD veut la fin de l’obligation d’équilibre linguistique au sein du gouvernement fédéral. Une idée mal reçue par les francophones : le MR, les FDF et le CDH ont rejeté toute suppression : « Ce sont les fondements de la stabilité de notre système politique ».

L’Open VLD veut la fin de l’obligation d’équilibre linguistique au sein du gouvernement fédéral, annonce son chef de groupe à la Chambre, Bart Somers, lundi dans les pages du Standaard. Interrogé lundi matin par la VRT-radio, le président du MR Charles Michel a rejeté toute suppression de la parité linguistique au sein du gouvernement.

Pour M. Somers, il convient d’en finir avec les « verrous confédéraux » dans la structure d’Etat fédérale.« Les deux groupes linguistiques au Parlement peuvent se neutraliser l’un l’autre, sans jamais bouger d’un millimètre. C’est tout sauf démocratique », estime l’ancien président des libéraux flamands. Celui-ci plaide dès lors pour l’abrogation de la règle imposant la parité linguistique au sein du gouvernement fédéral étant donné que les Flamands représentent plus de la majorité de la population du pays.

Les francophones à l’unisson
Interrogé lundi matin sur les ondes de la VRT-radio, le président du MR, Charles Michel, a répondu que ce principe de parité ne pouvait être modifié.« C’est lié à la protection des Flamands de Bruxelles, et ce sont les fondements de la stabilité de notre système politique », a-t-il rappelé. La parité linguistique au gouvernement fédéral est en effet compensée par la représentation garantie des Flamands au sein du gouvernement et du parlement de la Région de Bruxelles-Capitale, où la population flamande est minoritaire.