Des milliers de places en crèches menacées par un décret flamand ?

Source: Le Vif du vendredi 14 février 2014

Kind & GezinLes FDF ont vertement critiqué vendredi les partis francophones signataires de la réforme de l’Etat pour n’avoir pas tenu compte dans les discussions des répercussions néfastes du décret de la Communauté flamande instaurant des limites linguistiques pour l’exploitation de crèches dépendant de Kind en Gezin, pendant flamand de l’ONE. Face aux menaces directes que ce décret fait planer sur des milliers de familles francophones, ils ont pressé la Fédération Wallonie-Bruxelles d’agir pour faciliter l’agréation de crèches francophones directement menacées de fermeture par la Communauté flamande. Le décret impose l’obligation de connaissance du néerlandais aux responsables de crèche ou d’une maison d’accueil agréée par Kind en Gezin dont les normes sont plus souples que celles de l’ONE et, à Bruxelles un quota de places ‘néerlandophones’. L’écart de normes explique le nombre de significatif de places Kind en Gezin ouvertes par et pour des francophones à Bruxelles et en périphérie.

Selon les FDF, l’exigence linguistique flamande aboutit à une forme de discrimination, contraire au Traité de l’Union Européenne. Elle nécessite en outre de suivre jusqu’à 440 heures de cours. Conséquence, disent-ils: entre 4.000 et 6.000 places d’accueil et jusqu’à 260 emplois à Bruxelles et en périphérie risquent de disparaître sous peu. Les FDF pointent du doigt la majorité de l’olivier en fédération Wallonie-Bruxelles qui n’a pas assoupli les normes d’accueil fixées par l’ONE, ni pris une disposition d’agrément transitoire. Les FDF vont aussi relancer la plainte qu’ils avaient adressée à la Commission européenne, les arrêtés d’application du décret flamand ayant été pris récemment. Ils comptent enfin beaucoup sur le recours en annulation introduit à la Cour Constitutionnelle contre le décret flamand par la CoCoF et par le parlement de la fédération Wallonie Bruxelles.

La Flandre refuse les nouveaux couloirs aériens.

Le gouvernement flamand a décidé de contester devant le Conseil d’Etat la décision de Belgocontrol de déplacer vers le nord de Bruxelles différents couloirs aériens au départ de l’aéroport national.
L’exécutif flamand entend contrecarrer ces nouvelles routes qui empruntent le ciel de plusieurs communes flamandes. Selon le ministre-président Kris Peeters et la ministre de l’Environnement Joke Schauvliege (CD&V tous les deux), cette décision a été prise sans concertation préalable. Aucune étude d’impact n’a par ailleurs été menée, dénoncent-ils.

Le gouvernement flamand saisira dès lors avant le 24 février prochain le Conseil d’Etat pour obtenir la suspension et l’annulation de cette décision. M. Peeters assure ne pas vouloir faire de ce dossier un “petit jeu politique ou communautaire”. Selon lui, l’action n’est pas dirigée contre le gouvernement fédéral, mais contre la décision de Belgocontrol. Il juge toutefois “évident” que la mesure a été prise après demande en ce sens du secrétaire d’Etat compétent, Melchior Wathelet (cdH).

Lundi, plusieurs bourgmestres de communes flamandes au nord de Bruxelles avaient protesté contre ces nouvelles routes aériennes.