Insultes et chants anti-wallons au festival Pukkelpop

Nathanaël pris à partie par des jeunes au festival Pukkelpop

Souce : La DH du 23/08/2022

Nathanaël a été la cible de propos racistes, de saluts nazis ainsi que de chants anti-wallons au festival Pukkelpop qui se déroulait près d’Hasselt.

Ce Verviétois de 21 ans ne gardera pas un souvenir impérissable du festival Pukkelpop 2022. En effet, comme il le confie à nos confrères de la RTBF, lui et son ami Pierre ont été pris pour cible par un groupuscule de personnes.

Tout commençait dans la nuit de vendredi à samedi quand ils ont été la cible d’insultes. “On a reçu des insultes et des chants anti-wallons pendant toute la nuit. Des gens nous ont insultés en nous disant qu’on ne parlait pas français ici, que c’était seulement le néerlandais, et que pour le reste, il fallait dégager. Pire que ça, on est venu uriner sur notre tente et on a dit à mon meilleur ami : soit vous bougez la tente, soit on vous bougera nous-mêmes à midi”, confient-ils à nos confrères.

Et ça ne s’est pas arrêté là puisque le lendemain, des jeunes de 16 à 18 ans ont qualifié le jeune homme métis de “nègre”. “Après avoir dit ce mot, ils m’ont regardé. Et le deuxième événement qui s’est passé, c’est qu’au concert de Pendulum, il y a des gens qui sont allés au milieu et qui ont commencé à faire des saluts nazis jusqu’à ce qu’ils me regardent droit dans les yeux en imitant la moustache d’Hitler et en refaisant un salut nazi. C’est certain que si j’avais été blanc, ça ne serait pas arrivé” estime-t-il, lui qui a porté plainte à la police d’Anvers.

Du côté d’UNIA, le centre de lutte contre le racisme et la discrimination, également interrogé par nos confrères, ce témoignage n’étonne pas. “On sait que des comportements à caractères racistes existent dans notre société. On le voit sur les terrains de football, dans les cours de récréation, on le voit sur les lieux de travail et donc dans un festival, ce sont des choses qui malheureusement arrivent. Et le fait de viser des personnes en raison de leur origine ou de la langue qu’ils parlent est malheureusement quelque chose que l’on constate.”

Un boulanger de Tervuren réprimandé pour l’usage du français dans son commerce

Rappelons que l’usage des langues n’est obligatoire qu’en matière judiciaire et administrative.

Un boulanger-pâtissier installé depuis 19 ans à Tervuren, commune jouxtant la Région bruxelloise, a reçu une lettre de réprimande signée du gouverneur de la province du Brabant flamand concernant l’usage du français -et non du néerlandais- dans son commerce, relate mercredi Sudpresse ce 18-05-22.

Le boulanger Dekimpe a grandi en France et en Belgique, y compris en Flandre. Il a suivi des cours de langue. Sa femme répond toujours en néerlandais. Leurs collaborateurs sont bilingues, ainsi que leurs publications Facebook et Instagram.

Le courrier officiel de Jan Spooren à Didier Dekimpe fait suite à la dénonciation d’un client “outré”, pointant la langue utilisée par le personnel pour parler aux clients, après qu’il lui eut été demandé de communiquer en français, selon la missive publiée.

En l’absence de règle, le choix de la langue est libre, sur base constitutionnelle, concède le gouverneur Spooren (N-VA), qui juge cependant “dommage” que des entreprises qui choisissent de s’établir dans une commune néerlandophone “négligent le néerlandais dans leurs contacts avec la clientèle”. Outre la “rancœur” des habitants, cela complique l’intégration, selon lui.

Victoire francophone devant le Conseil d’État

Le Conseil d’État annule la décision de l’ancienne ministre Homans au sujet des préférences linguistiques en périphérie. De quoi réjouir les bourgmestres francophones des communes à facilités qui y voient la fin d’une longue saga. L’exécutif flamand répliquera-t-il  ?

Une victoire francophone.
Trop is te veel. C’est un sérieux camouflet – peut-être même le coup de grâce – que vient de subir la Région flamande dans l’interminable saga qui l’oppose à quatre des six communes à facilités de la périphérie bruxelloise. La Libre a pu consulter l’arrêt rendu le 22 septembre par le Conseil d’État au sujet de l’enregistrement des préférences linguistiques en périphérie. Pour faire clair, la juridiction administrative ne suit pas l’avis de son auditeur et annule l’arrêté de la ministre flamande des Affaires intérieures de l’époque, Liesbeth Homans (N-VA), à ce sujet. Le Conseil d’État dit deux choses essentielles. Un, contrairement à ce que réclame la Région flamande, il n’y a pas lieu de poser une question préjudicielle à la Cour constitutionnelle. Depuis la sixième réforme de l’État, le contentieux administratif des six communes à facilités et des personnes physiques et morales qui y sont domiciliées a en effet été confié au Conseil d’État. C’est donc lui et lui seul qui est compétent en la matière.

Deux, estime l’instance administrative, la Région flamande ne peut pas être suivie dans son positionnement qui consiste à continuer à se référer à ses propres circulaires (Peeters et Keulen) qui sont antérieures au fameux arrêt Caprasse du 20 juin 2014. Souvenez-vous, dans ce dossier très médiatisé autour de la non-nomination de la Défi (alors FDF) Véronique Caprasse au mayorat de Crainhem, le Conseil d’État avait tranché dans le même temps la question centrale du délai raisonnable (qu’il avait fixé à quatre ans) au terme duquel les francophones des communes à facilités doivent demander à nouveau à recevoir leurs documents administratifs en langue française.

Faire cesser ce carrousel ridicule

Depuis le départ, la Flandre estime qu’en vertu du caractère unilingue de la Région flamande, il appartient aux habitants de demander à chaque fois leurs documents administratifs en français. Ce n’est pas l’avis des bourgmestres francophones de ces communes qui soutiennent qu’il ne faut introduire la demande qu’une seule et unique fois et qu’elle vaut ad vitam aeternam.

En 2014, le Conseil d’État n’avait donné raison à aucune des deux parties en optant pour une voie médiane, soit en fixant ce délai raisonnable de quatre ans. Il avait également précisé que les communes ne pouvaient pas faire de prosélytisme. Dans son arrêt du 22 septembre 2021, le Conseil d’État réaffirme en fait cette position (déjà confirmée en 2018 et 2019) et, entre les lignes, exhorte la Région flamande à se soumettre à la jurisprudence. Il confirme à cette occasion que les communes peuvent enregistrer le choix de langue de leurs administrés dans un registre.

Pour Frédéric Petit (MR), bourgmestre de Wezembeek-Oppem, cet arrêt constitue “un énorme soulagement . Nous espérons que, sur cette base, nous allons enfin faire cesser ce carrousel ridicule de non-nomination de bourgmestres, et cetera“, déclare-t-il.

Une “faute” et une condamnation au civil

Les communes de Linkebeek, de Drogenbos et de Rhode-Saint-Genèse ont également à leur tête des bourgmestres qui ont été nommés in fine par le Conseil d’État et non par l’autorité de tutelle (puisque la ministre Homans a refusé leur nomination juste avant les élections de 2019). Nouveau rebondissement à ce sujet : le tribunal de première instance francophone de Bruxelles a condamné le 1er avril la Région flamande à indemniser l’échevin MR de Rhode Nicolas Kuczynski du dommage collatéral généré (soit sept mois de salaire) par la non-nomination de son bourgmestre. Pour rappel, lorsqu’un bourgmestre n’est pas nommé par l’autorité de tutelle, il reste Premier échevin. Ce qui empêche, de facto, l’ascension d’un autre échevin.

Nicolas Kuczynski avait assigné la Région flamande en responsabilité et le tribunal lui a donné raison en épinglant “une faute” dans le chef de l’administration flamande. La Région a acquiescé à la décision et n’a pas interjeté appel. Reste à voir ce que l’actuel ministre flamand des Affaires intérieures, Bart Somers (Open VLD), décidera quant à l’arrêt du Conseil d’État. Pour l’heure, l’intéressé “prend connaissance du texte et doit en discuter avec le gouvernement flamand”, réplique son cabinet. Un exécutif qui, rappelons-le, est actuellement dirigé par les nationalistes flamands.

100 euros d’amende car ils ne maîtrisent pas suffisamment le néerlandais

Cinquante locataires de logements sociaux en Flandre ont montré une connaissance insuffisante du néerlandais, dont près d’un tiers s’est vu infliger une amende, a indiqué le ministre flamand du Logement, Matthias Diependaele (N-VA), dans une réponse à une question parlementaire.

Le précédent gouvernement flamand, dirigé par le nationaliste Geert Bourgeois, avait introduit en 2017 dans la législation une disposition exigeant, sous peine d’amende, une connaissance de base du néerlandais pour les locataires de logements sociaux.
Cette mesure a atteint sa “vitesse de croisière”, a indiqué le cabinet de M. Diependaele.

“Un aspect très important du logement social”
Le ministre N-VA a précisé, dans une réponse à une question écrite du député Guy D’haeseleer (Vlaams Belang), que cinquante locataires avaient été pris en défaut de “connaissance suffisante” en 2019 et durant les six premiers mois de 2020. Quinze d’entre eux ont écopé d’une amende administrative d’un montant de 50 ou de 100 euros.
“Cette exigence est pour nous un aspect très important du logement social. Une connaissance de base du néerlandais est en première instance utile pour le locataire lui-même afin de comprendre ses droits et ses devoirs”, a expliqué M. Diependaele.

Communes à facilités: victoire pour les francophones

Les habitants des communes à facilités ne doivent communiquer qu’une seule fois qu’elles souhaitent obtenir leurs documents officiels en français, selon un nouvel arrêt de la Cour de Cassation, cité dans L’Echo et De Tijd mercredi.

La décision fait suite à un incident avec un contribuable francophone en colère résidant dans une commune à facilités: vu qu’il n’a pas reçu en français l’avis d’imposition pour le précompte immobilier, il n’a pas payé.

La décision de la Cour de Cassation balaie celle du Conseil d’Etat formulée il y a quelques années et offrant un compromis: les francophones ne devaient alors communiquer leur préférence linguistique que tous les quatre ans.

 

Les Francophones de Flandre rencontrent le Président du Groupe d’experts “minorités nationales”

COMMUNIQUE DE PRESSE

De Haan, le 15 janvier 2019 – “Dix-sept ans après avoir signé la Convention-cadre pour la protection des minorités nationales, la Belgique ne l’a toujours pas ratifiée, les nationalistes flamands ne voulant pas entendre parler de minorité francophone sur leur territoire”, peut-on lire dans le dernier numéro de “Nouvelles de Flandre”.

A Edgar Fonck, directeur de l’Association pour la Promotion de la Francophonie en Flandre (APFF), de poursuivre: “Face à cette situation, les travaux du groupe d’experts chargés de définir le concept de ‘minorité nationale’ et d’évaluer les conséquences d’une ratification pour la Belgique sont une des clés de la solution. Jusqu’à présent, les Francophones de Flandre n’avaient pas eu le moindre contact avec les experts. Mais la détermination l’APFF s’est montrée payante.

En effet, dès qu’il a été désigné par le ministre des Affaires étrangères, le nouveau président du groupe d’experts ‘minorités nationales’ Bernard Hauwen a invité l’APFF à lui faire part de son point de vue par écrit, afin de le transmettre aux experts. Tant dans sa contribution écrite que lors de sa rencontre avec Monsieur Hauwen, le 13 décembre dernier, l’APFF a souligné les points suivants:

1. Position du Conseil de l’Europe

Dans sa résolution 1301, adoptée en 2002, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe a mentionné la Belgique parmi les pays qui ‘ont des minorités significatives qui doivent être protégées et dont les droits ne sont pas officiellement reconnus’.

L’Assemblée recommande que la Belgique ratifie la Convention-cadre pour la protection des minorités nationales, sans plus tarder, ‘en veillant à ce que toutes les minorités identifiées par l’Assemblée soient dûment reconnues comme telles’. Parmi ces minorités: ‘les francophones vivant dans la région de langue néerlandaise’.

2. Position de l’ONU

La position de l’ONU concernant l’identification des minorités est très claire: ‘La reconnaissance du statut de minorité ne relève pas de la seule décision de l’État. Conformément à l’interprétation authentique faite par le Comité des droits de l’homme de l’ONU, l’existence de minorités doit être établie selon des critères objectifs. Tout doit être fait pour garantir le respect du principe d’auto-identification’. Et d’expliquer: ‘Les États doivent recueillir des données ventilées (…), et la société civile et les groupes minoritaires doivent être associés à l’ensemble du processus’.

3. Nombre de francophones en Flandre

En 2009, l’APFF a demandé à l’institut de sondage Dedicated Research, de réaliser une étude sur la situation du français en Flandre. Cette étude a estimé à 367.000 le nombre de francophones en Flandre.

4. Reconnaissance par le Mouvement flamand

L’Encyclopédie du Mouvement flamand qui bénéficie du soutien officiel du ministère de la Communauté flamande, reconnaît la présence historique des francophones en Flandre: ‘Qu’il y ait en Flandre, depuis de nombreux siècles, une petite minorité francophone, est un fait établi’.

L’encyclopédie fournit aussi sa propre estimation du nombre de francophones en Flandre: ‘Dans la Région flamande il y aurait au total (en ce compris l’arrondissement Hal-Vilvorde) environ 300.000 francophones soit 5% de la population’. Ces chiffres confirment l’estimation de Dedicated Research.

L’encyclopédie analyse également les difficultés rencontrées par les Francophones de Flandre: ‘Lorsque la Flandre est devenue la région la plus riche de Belgique (…) des facteurs très importants commencèrent à jouer contre les francophones: (…) pas de protection juridique à part celle de leurs droits individuels, pas d’instances propres, pas de subventions de leurs manifestations culturelles’. Voilà bien le nœud du problème: l’absence de protection juridique de la minorité francophone en Flandre.

Lors de sa discussion avec le président du groupe d’experts, l’APFF a rappelé la nécessité d’ouvrir un large débat sur la question des minorités nationales et de la lutte contre les discriminations linguistiques.

Bien qu’il ait répondu que ce type de débat allait au-delà de la mission assignée aux experts qui est de nature juridique, Monsieur Hauwen s’est dit prêt à rencontrer d’autres représentants des minorités qui lui en feraient la demande.

Reste à espérer que le processus de ratification de la Convention-cadre pour la protection des minorités nationales soit relancé une bonne fois pour toutes!”.

Pour plus d’informations

Nous vous renvoyons à notre site internet (http://www.francophonie.be/ndf).

Overijse: Les francophones sont unis… mais discrets

Par Dorian de Meeûs La Libre mardi 18 septembre 2012 à 15h18

Contrairement aux élections communales de 2006, les francophones d’Overijse se présentent unis devant les électeurs sur la liste PLUS, comprenant des candidats MR, cdH et indépendants. On notera l’absence de candidat ou liste FDF dans cette commune du Brabant flamand. Jean-Pierre Audag, tête de liste, précise: « Notre liste est avant tout européenne. Nous voulons être le miroir de la population d’Overijse, où vivent de nombreux francophones, Italiens, Portugais,… ».

Vu qu’il y a un peu plus de 40% de francophones et Européens à Overijse, la liste PLUS espère décrocher 9 sièges sur 27 et ainsi faire oublier le divorce de 2006 qui avait réduit le poids de ceux-ci face aux partis flamands représentés au Conseil communal.

Pourquoi pas de panneaux électoraux à Overijse?

Ce qui frappe ceux qui vivent ou circulent à Overijse, c’est l’absence totale de tout panneau ou affiche électorale pour cette liste unique, alors que le CD&V, la N-VA et l’Open VLD sont visibles partout sur les façades et aux bords des routes.

A en croire Jean-Pierre Audag, la raison est double: «Premièrement, nous optons pour une campagne respectueuse de environnement. Nous évitons les folders et affiches qui pourraient se retrouver partout et polluer nos rues. Nous optons pour des mailings électroniques et un site internet . » Tous les citoyens recevront dans leur boîte un dépliant de présentation des candidats et de leur programme. A cela s’ajoutera un toute-boîte du MR pour les communes de la périphérie. « Ensuite, les citoyens d’Overijse qui nous sont favorables nous connaissent très bien! Les francophones n’ont pas d’alternative, là où les partis flamands (CD&V, Open VLD, N-VA, Vlaams Belang,…) doivent se battre pour gagner des voix et faire bouger les lignes.»

Plusieurs sources nous confirment qu’une autre raison justifie – en partie du moins – cette étonnante discrétion: les panneaux électoraux francophones n’auraient qu’une toute petite espérance de vie. En effet, depuis plusieurs années, tous les affichages francophones sont systématiquement tagués ou arrachés par des flamingants et militants nationalistes. « C’est un travail et une dépense inutiles » en conclut un candidat francophone.

Dorian de Meeûs

De plus en plus de Bruxellois déménagent vers la périphérie flamande

DH du 8/11/17 – 21h35

Le nombre de résidents de la Région de Bruxelles-Capitale qui déménagent vers l’une des 19 communes de la périphérie flamande est passée de 11.043 à 13.686 par an sur la période entre 2005 et 2015. L’augmentation est davantage marquée chez les non Belges (de 2.254 à 4.256) que chez les Belges (de 8.789 à 9.430), indique le rapport “Vlaamse Rand. Een blik op de Vlaamse Rand 2017” du service d’étude du gouvernement flamand.
Entre 2006 et 2016, la population de la périphérie flamande a augmenté de 31.078 unités pour atteindre 424.099 personnes, avec une croissance relativement stable de 3.000 à 4.000 habitants en plus par an. Les communes de Machelen (+18,1%), Zaventem (+15,3%) et Vilvorde (+15,3%) ont connu les augmentations les plus importantes.

L’Europe tacle “la violation de la démocratie” de la Flandre

L’Echo du 19 octobre 2017 13:45
François Witvrouw
Le Conseil de l’Europe recommande à la Belgique de supprimer le système de nomination des bourgmestres des communes à facilités par le ministre flamand des Affaires intérieures.

Le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe a adopté ce jeudi matin une recommandation invitant la Belgique, en l’occurrence la Flandre, à supprimer le système de nomination des bourgmestres des communes à facilités par le ministre flamand des Affaires intérieures.
Adoptée par 77 voix pour, 8 contre et 6 abstentions, cette recommandation fait suite à une visite d’enquête effectuée les 2 et 3 février derniers à Bruxelles par les rapporteurs sur la démocratie locale désignés par le Conseil de l’Europe, Henrik Hammar (Suède) et David Eray (Suisse).
Depuis 2014, année de ses dernières recommandations, le Conseil de l’Europe avait été saisi de plusieurs plaintes d’élus francophones de communes à facilités.
Ceux-ci avaient été chargés de faire le point sur “le fonctionnement des organes de démocratie locale dans un contexte de diversité linguistique dans les communes à facilités autour de Bruxelles en Région flamande”. Depuis 2014, année de ses dernières recommandations, le Conseil de l’Europe avait été saisi de plusieurs plaintes d’élus francophones de communes à facilités.
Appuyé de l’avis d’un collège d’experts juridiques, leur rapport souligne la non-application des recommandations de 2003, 2008 et 2014 du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux concernant la question du “système de nomination des maires”. Il met en exergue le fait qu’il est toujours nécessaire que le ministre flamand de l’Intérieur nomme le bourgmestre élu au suffrage direct par les citoyens pour que cette élection soit validée.
“La visite d’enquête effectuée en 2017 montre que la situation examinée en 2008 ne s’est pas améliorée”.
“En conséquence, la visite d’enquête effectuée en 2017 montre que la situation examinée en 2008 ne s’est pas améliorée”. Dans sa recommandation, le Congrès invite les autorités belges à supprimer le système de nomination par le ministre flamand de l’Intérieur doté en la matière d’un pouvoir de contrôle jugé “disproportionné”.
Il invite également les autorités nationales à réviser les modalités d’application des lois linguistiques dans les communes dites à facilités linguistiques, afin de permettre l’emploi à la fois du français et du néerlandais par les conseillers municipaux dans l’exercice de leurs mandats locaux.
“L’impossibilité juridique pour les conseillers locaux de ces communes, dont les résidents sont majoritairement francophones, de commenter en français un point de l’ordre du jour d’une réunion du conseil local représente une violation de l’exercice de la démocratie locale.”
En l’état actuel des choses, l’impossibilité juridique pour les conseillers locaux de ces communes, dont les résidents sont majoritairement francophones, de commenter en Français un point de l’ordre du jour d’une réunion du conseil local, ou d’autres organes locaux internes constitue “une limitation indue de leur capacité et de leur droit de participer effectivement aux réunions et décisions de tels organes et donc représente une violation de l’exercice de la démocratie locale et plus généralement, cela rend impossible aux résidents exclusivement francophones de suivre les activités du conseil local”.
Une recommandation vise aussi les difficultés rencontrées par les citoyens belges francophones pour participer aux affaires locales via les organes consultatifs ou pour bénéficier des services publics de manière effective, en particulier dans le domaine des services sociaux, “du fait de l’interprétation restrictive des lois linguistiques fédérales de la Belgique, telles que mises en œuvre gouvernement flamand”.

Minorités: Les francophones de Flandre saluent l’exemple suisse

De Haan, le 12 octobre 2017 – “Imaginons la commune de Fourons quittant la Province du Limbourg en Flandre pour rejoindre la Province de Liège en Wallonie ou Linkebeek rejoignant la Région de Bruxelles”, peut-on lire dans le dernier numéro des “Nouvelles de Flandre”, organe de l’Association pour la promotion de la francophonie en Flandre (APFF).

Et à son directeur, Edgar Fonck, de poursuivre: “C’est ce qui vient de se passer en Suisse, où les habitants de la ville francophone de Moutier ont choisi, le 18 juin, suite à une votation, de passer du Canton germanophone de Berne au Canton francophone du Jura.

Le 9 septembre dernier, le représentant de l’Association pour la promotion de la francophonie en Flandre (APFF) est intervenu à Delémont (Suisse) lors de la cérémonie officielle de la 70ème Fête du Peuple jurassien, devant un parterre de personnalités, pour saluer l’événement.

‘Mesdames et Messieurs, en vos titres et qualités, Chers amis, Alors que Moutier est au cœur de la 70ème Fête du Peuple jurassien, j’interviens d’une part au nom de la Conférence des Peuples de Langue Française (CPLF) et d’autre part au nom de l’Association pour la Promotion de la Francophonie en Flandre (APFF).

La CPLF est une des plus anciennes organisations non gouvernementales de la francophonie. Elle a été fondée en 1971 à l’initiative de Roland Béguelin, le père du Canton du Jura.

La CPLF réunit des mouvements représentatifs des francophones du Québec, d’Acadie, du Jura, de Romandie, du Val d’Aoste, de Wallonie, de Bruxelles, de Flandre et de France. A l’exception de la France, ces francophones ont la particularité d’être enclavés dans des Etats (Canada, Suisse, Belgique et Italie) où ils sont en situation minoritaire.

Je tiens, au nom de nos deux organisations, à féliciter nos amis prévôtois pour le combat qu’ils ont mené et qui a conduit la ville de Moutier à quitter le Canton germanophone de Berne pour rejoindre le Canton francophone du Jura, suite au vote du 18 juin dernier.

C’est un événement historique et un bel exemple de liberté et de démocratie qui honore la Suisse.

Un exemple dont devrait s’inspirer la Belgique et plus particulièrement la Flandre qui refuse de reconnaître l’existence d’une minorité francophone sur son territoire. Pourquoi les habitants de la périphérie de Bruxelles ou des Fourons, en suivant l’exemple suisse, ne pourraient-ils pas quitter librement la Flandre, s’ils le souhaitent, et rejoindre la Région de Bruxelles ou la Province de Liège?

Rappelons que la Suisse, lors du deuxième Examen périodique universel (EPU) de la Belgique à l’ONU à Genève, en janvier 2016, a recommandé à la Belgique de ratifier la Convention-cadre pour la protection des minorités nationales. Ce qui implique que les 310.000 francophones qui vivent en Flandre soient protégés et que soit mis fin au processus d’assimilation forcée, imposé par les autorités flamandes.

C’est l’objectif auquel nous nous attelons. La victoire des Prévôtois nous encourage à poursuivre notre lutte. Vive Moutier, Vive le Canton du Jura, Vive la Suisse.’

La démocratie directe est l’une des spécificités du système politique suisse. En Suisse, pays démocratique par excellence, le peuple participe largement aux décisions politiques au niveau fédéral, cantonal et communal.

Les citoyens ont la possibilité d’intervenir via trois instruments qui constituent le noyau de la démocratie directe : - l’initiative populaire qui, si elle est recevable, donne lieu à une votation ; - le référendum facultatif et - le référendum obligatoire.

Alors que l’indice de démocratie(1) de la Belgique, calculé par The Economist, est en chute libre depuis l’entrée de la N-VA au gouvernement et que notre pays est classé dans le groupe des « démocraties imparfaites », la Suisse, elle, figure en bonne place parmi les « pleines démocraties ».

Comme nous l’avions souligné précédemment, le score de la Belgique en matière de ‘participation politique’ est carrément désastreux. Pour ce critère, notre pays se retrouve au niveau de la Russie et de la Turquie. Une raison de plus pour suivre l’exemple suisse.”