Ben Weyts: “La langue parlée à la maison, c’est à la maison, pas en classe”

Source : 7sur7.be

Le ministre flamand de l’Enseignement, Ben Weyts, n’apprécie pas un projet lancé par la Commission communautaire flamande à Bruxelles (VGC) qui promeut le multilinguisme et l’usage de langue parlée à la maison dans les écoles néerlandophones de Bruxelles. Selon le ministre N-VA, l’initiative introduit la confusion sur le rôle du néerlandais comme langue d’instruction et ne repose pas sur des évidences scientifiques.

“Nous voulons investir dans le multilinguisme néerlandais, français et anglais dans nos écoles, en combinaison avec les langues que les élèves parlent à la maison”, avait expliqué le ministre bruxellois Sven Gatz (Open Vld) lorsqu’il a lancé son projet.

Le ministre flamand de l’Enseignement dit ne pas avoir été mis au courant du projet et le conteste sur le fond: le néerlandais doit demeurer la langue d’enseignement dans les écoles flamandes. “Ce n’est pas une bonne idée de s’écarter des principes de base. Le néerlandais est la maïzena de notre enseignement”, a-t-il expliqué.

“Au plus la diversité est grande, au plus est grande la nécessité d’une langue qui relie les gens, à savoir le néerlandais. Nous respectons les langues parlées à la maison mais elles sont utilisées à la maison et non en classe. Tout autre message donné sans base scientifique sème la confusion”, a-t-il dit.

Le CD&V n’est pas de cet avis. “Nous ne devons pas nous écarter du néerlandais comme langue de l’enseignement mais il faut se montrer ouvert à la langue qui est parlée par les élèves à la maison, certainement dans un contexte multilingue comme celui de Bruxelles. La langue parlée à la maison ne doit plus être vue comme quelque chose de sale”, a souligné la députée Loes Vandromme qui s’exprimait au nom de son collègue Hilal Yalçin.

Un boulanger de Tervuren réprimandé pour l’usage du français dans son commerce

Rappelons que l’usage des langues n’est obligatoire qu’en matière judiciaire et administrative.

Un boulanger-pâtissier installé depuis 19 ans à Tervuren, commune jouxtant la Région bruxelloise, a reçu une lettre de réprimande signée du gouverneur de la province du Brabant flamand concernant l’usage du français -et non du néerlandais- dans son commerce, relate mercredi Sudpresse ce 18-05-22.

Le boulanger Dekimpe a grandi en France et en Belgique, y compris en Flandre. Il a suivi des cours de langue. Sa femme répond toujours en néerlandais. Leurs collaborateurs sont bilingues, ainsi que leurs publications Facebook et Instagram.

Le courrier officiel de Jan Spooren à Didier Dekimpe fait suite à la dénonciation d’un client “outré”, pointant la langue utilisée par le personnel pour parler aux clients, après qu’il lui eut été demandé de communiquer en français, selon la missive publiée.

En l’absence de règle, le choix de la langue est libre, sur base constitutionnelle, concède le gouverneur Spooren (N-VA), qui juge cependant “dommage” que des entreprises qui choisissent de s’établir dans une commune néerlandophone “négligent le néerlandais dans leurs contacts avec la clientèle”. Outre la “rancœur” des habitants, cela complique l’intégration, selon lui.