Insultes et chants anti-wallons au festival Pukkelpop

Nathanaël pris à partie par des jeunes au festival Pukkelpop

Souce : La DH du 23/08/2022

Nathanaël a été la cible de propos racistes, de saluts nazis ainsi que de chants anti-wallons au festival Pukkelpop qui se déroulait près d’Hasselt.

Ce Verviétois de 21 ans ne gardera pas un souvenir impérissable du festival Pukkelpop 2022. En effet, comme il le confie à nos confrères de la RTBF, lui et son ami Pierre ont été pris pour cible par un groupuscule de personnes.

Tout commençait dans la nuit de vendredi à samedi quand ils ont été la cible d’insultes. “On a reçu des insultes et des chants anti-wallons pendant toute la nuit. Des gens nous ont insultés en nous disant qu’on ne parlait pas français ici, que c’était seulement le néerlandais, et que pour le reste, il fallait dégager. Pire que ça, on est venu uriner sur notre tente et on a dit à mon meilleur ami : soit vous bougez la tente, soit on vous bougera nous-mêmes à midi”, confient-ils à nos confrères.

Et ça ne s’est pas arrêté là puisque le lendemain, des jeunes de 16 à 18 ans ont qualifié le jeune homme métis de “nègre”. “Après avoir dit ce mot, ils m’ont regardé. Et le deuxième événement qui s’est passé, c’est qu’au concert de Pendulum, il y a des gens qui sont allés au milieu et qui ont commencé à faire des saluts nazis jusqu’à ce qu’ils me regardent droit dans les yeux en imitant la moustache d’Hitler et en refaisant un salut nazi. C’est certain que si j’avais été blanc, ça ne serait pas arrivé” estime-t-il, lui qui a porté plainte à la police d’Anvers.

Du côté d’UNIA, le centre de lutte contre le racisme et la discrimination, également interrogé par nos confrères, ce témoignage n’étonne pas. “On sait que des comportements à caractères racistes existent dans notre société. On le voit sur les terrains de football, dans les cours de récréation, on le voit sur les lieux de travail et donc dans un festival, ce sont des choses qui malheureusement arrivent. Et le fait de viser des personnes en raison de leur origine ou de la langue qu’ils parlent est malheureusement quelque chose que l’on constate.”

Un boulanger de Tervuren réprimandé pour l’usage du français dans son commerce

Rappelons que l’usage des langues n’est obligatoire qu’en matière judiciaire et administrative.

Un boulanger-pâtissier installé depuis 19 ans à Tervuren, commune jouxtant la Région bruxelloise, a reçu une lettre de réprimande signée du gouverneur de la province du Brabant flamand concernant l’usage du français -et non du néerlandais- dans son commerce, relate mercredi Sudpresse ce 18-05-22.

Le boulanger Dekimpe a grandi en France et en Belgique, y compris en Flandre. Il a suivi des cours de langue. Sa femme répond toujours en néerlandais. Leurs collaborateurs sont bilingues, ainsi que leurs publications Facebook et Instagram.

Le courrier officiel de Jan Spooren à Didier Dekimpe fait suite à la dénonciation d’un client “outré”, pointant la langue utilisée par le personnel pour parler aux clients, après qu’il lui eut été demandé de communiquer en français, selon la missive publiée.

En l’absence de règle, le choix de la langue est libre, sur base constitutionnelle, concède le gouverneur Spooren (N-VA), qui juge cependant “dommage” que des entreprises qui choisissent de s’établir dans une commune néerlandophone “négligent le néerlandais dans leurs contacts avec la clientèle”. Outre la “rancœur” des habitants, cela complique l’intégration, selon lui.

En Flandre, les annonces de la Stib ne se feront plus qu’en néerlandais

Selon nos collègues de Het Laatste Nieuws, la Stib, la société des transports en commun bruxellois, développe actuellement un système qui doit permettre d’adapter automatiquement les annonces dans ses véhicules lorsque ceux-ci franchissent la frontière régionale. En d’autres termes, les annonces de la Stib ne se feront plus qu’en néerlandais lorsque le véhicule se trouve en territoire flamand.
À Bruxelles, région bilingue, les annonces dans les véhicules de la Stib ou dans le métro se font actuellement en français et en néerlandais, voire parfois également en anglais. Le bilinguisme reste de mise lorsque, par exemple, le bus 47 traverse Vilvorde, en territoire flamand.

“Nous ne voulons pas que des bus bilingues circulent en Flandre”, a ainsi déclaré la députée flamande Inez De Coninck (N-VA) dans une question adressée à la ministre régionale de la Mobilité Lydia Peeters (Open Vld). “Ce que De Lijn a fait, la Stib devrait pouvoir le faire aussi. La société de transport bruxelloise possède plusieurs lignes avec des arrêts en Flandre et, à l’heure actuelle, les annonces dans les bus sont toujours bilingues, même sur le territoire flamand”, a souligné la nationaliste flamande. “Cela doit changer.”

La Stib va en fait s’aligner sur la SNCB et De Lijn. En effet, les annonces dans les trains ne se font plus qu’en néerlandais lorsque le train quitte Bruxelles et commence à circuler en Flandre.

“La périphérie bruxelloise est et restera flamande”

Une idée qui ne ravit pas vraiment Kristof Calvo, co-chef de groupe Ecolo-Groen à la Chambre. “La Belgique est un pays multilingue. Nous devrions chérir cela”, a-t-il réagi sur Twitter. “D’une certaine manière, c’est tout à l’honneur de la Stib de se pencher sur cette question. Mais il serait préférable de généraliser le multilinguisme au lieu de tenter désespérément de maintenir le monolinguisme”, a-t-il ajouté.

100 euros d’amende car ils ne maîtrisent pas suffisamment le néerlandais

Cinquante locataires de logements sociaux en Flandre ont montré une connaissance insuffisante du néerlandais, dont près d’un tiers s’est vu infliger une amende, a indiqué le ministre flamand du Logement, Matthias Diependaele (N-VA), dans une réponse à une question parlementaire.

Le précédent gouvernement flamand, dirigé par le nationaliste Geert Bourgeois, avait introduit en 2017 dans la législation une disposition exigeant, sous peine d’amende, une connaissance de base du néerlandais pour les locataires de logements sociaux.
Cette mesure a atteint sa “vitesse de croisière”, a indiqué le cabinet de M. Diependaele.

“Un aspect très important du logement social”
Le ministre N-VA a précisé, dans une réponse à une question écrite du député Guy D’haeseleer (Vlaams Belang), que cinquante locataires avaient été pris en défaut de “connaissance suffisante” en 2019 et durant les six premiers mois de 2020. Quinze d’entre eux ont écopé d’une amende administrative d’un montant de 50 ou de 100 euros.
“Cette exigence est pour nous un aspect très important du logement social. Une connaissance de base du néerlandais est en première instance utile pour le locataire lui-même afin de comprendre ses droits et ses devoirs”, a expliqué M. Diependaele.

Communes à facilités: victoire pour les francophones

Les habitants des communes à facilités ne doivent communiquer qu’une seule fois qu’elles souhaitent obtenir leurs documents officiels en français, selon un nouvel arrêt de la Cour de Cassation, cité dans L’Echo et De Tijd mercredi.

La décision fait suite à un incident avec un contribuable francophone en colère résidant dans une commune à facilités: vu qu’il n’a pas reçu en français l’avis d’imposition pour le précompte immobilier, il n’a pas payé.

La décision de la Cour de Cassation balaie celle du Conseil d’Etat formulée il y a quelques années et offrant un compromis: les francophones ne devaient alors communiquer leur préférence linguistique que tous les quatre ans.

 

Les Francophones de Flandre rencontrent le Président du Groupe d’experts “minorités nationales”

COMMUNIQUE DE PRESSE

De Haan, le 15 janvier 2019 – “Dix-sept ans après avoir signé la Convention-cadre pour la protection des minorités nationales, la Belgique ne l’a toujours pas ratifiée, les nationalistes flamands ne voulant pas entendre parler de minorité francophone sur leur territoire”, peut-on lire dans le dernier numéro de “Nouvelles de Flandre”.

A Edgar Fonck, directeur de l’Association pour la Promotion de la Francophonie en Flandre (APFF), de poursuivre: “Face à cette situation, les travaux du groupe d’experts chargés de définir le concept de ‘minorité nationale’ et d’évaluer les conséquences d’une ratification pour la Belgique sont une des clés de la solution. Jusqu’à présent, les Francophones de Flandre n’avaient pas eu le moindre contact avec les experts. Mais la détermination l’APFF s’est montrée payante.

En effet, dès qu’il a été désigné par le ministre des Affaires étrangères, le nouveau président du groupe d’experts ‘minorités nationales’ Bernard Hauwen a invité l’APFF à lui faire part de son point de vue par écrit, afin de le transmettre aux experts. Tant dans sa contribution écrite que lors de sa rencontre avec Monsieur Hauwen, le 13 décembre dernier, l’APFF a souligné les points suivants:

1. Position du Conseil de l’Europe

Dans sa résolution 1301, adoptée en 2002, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe a mentionné la Belgique parmi les pays qui ‘ont des minorités significatives qui doivent être protégées et dont les droits ne sont pas officiellement reconnus’.

L’Assemblée recommande que la Belgique ratifie la Convention-cadre pour la protection des minorités nationales, sans plus tarder, ‘en veillant à ce que toutes les minorités identifiées par l’Assemblée soient dûment reconnues comme telles’. Parmi ces minorités: ‘les francophones vivant dans la région de langue néerlandaise’.

2. Position de l’ONU

La position de l’ONU concernant l’identification des minorités est très claire: ‘La reconnaissance du statut de minorité ne relève pas de la seule décision de l’État. Conformément à l’interprétation authentique faite par le Comité des droits de l’homme de l’ONU, l’existence de minorités doit être établie selon des critères objectifs. Tout doit être fait pour garantir le respect du principe d’auto-identification’. Et d’expliquer: ‘Les États doivent recueillir des données ventilées (…), et la société civile et les groupes minoritaires doivent être associés à l’ensemble du processus’.

3. Nombre de francophones en Flandre

En 2009, l’APFF a demandé à l’institut de sondage Dedicated Research, de réaliser une étude sur la situation du français en Flandre. Cette étude a estimé à 367.000 le nombre de francophones en Flandre.

4. Reconnaissance par le Mouvement flamand

L’Encyclopédie du Mouvement flamand qui bénéficie du soutien officiel du ministère de la Communauté flamande, reconnaît la présence historique des francophones en Flandre: ‘Qu’il y ait en Flandre, depuis de nombreux siècles, une petite minorité francophone, est un fait établi’.

L’encyclopédie fournit aussi sa propre estimation du nombre de francophones en Flandre: ‘Dans la Région flamande il y aurait au total (en ce compris l’arrondissement Hal-Vilvorde) environ 300.000 francophones soit 5% de la population’. Ces chiffres confirment l’estimation de Dedicated Research.

L’encyclopédie analyse également les difficultés rencontrées par les Francophones de Flandre: ‘Lorsque la Flandre est devenue la région la plus riche de Belgique (…) des facteurs très importants commencèrent à jouer contre les francophones: (…) pas de protection juridique à part celle de leurs droits individuels, pas d’instances propres, pas de subventions de leurs manifestations culturelles’. Voilà bien le nœud du problème: l’absence de protection juridique de la minorité francophone en Flandre.

Lors de sa discussion avec le président du groupe d’experts, l’APFF a rappelé la nécessité d’ouvrir un large débat sur la question des minorités nationales et de la lutte contre les discriminations linguistiques.

Bien qu’il ait répondu que ce type de débat allait au-delà de la mission assignée aux experts qui est de nature juridique, Monsieur Hauwen s’est dit prêt à rencontrer d’autres représentants des minorités qui lui en feraient la demande.

Reste à espérer que le processus de ratification de la Convention-cadre pour la protection des minorités nationales soit relancé une bonne fois pour toutes!”.

Pour plus d’informations

Nous vous renvoyons à notre site internet (http://www.francophonie.be/ndf).

Overijse: Les francophones sont unis… mais discrets

Par Dorian de Meeûs La Libre mardi 18 septembre 2012 à 15h18

Contrairement aux élections communales de 2006, les francophones d’Overijse se présentent unis devant les électeurs sur la liste PLUS, comprenant des candidats MR, cdH et indépendants. On notera l’absence de candidat ou liste FDF dans cette commune du Brabant flamand. Jean-Pierre Audag, tête de liste, précise: « Notre liste est avant tout européenne. Nous voulons être le miroir de la population d’Overijse, où vivent de nombreux francophones, Italiens, Portugais,… ».

Vu qu’il y a un peu plus de 40% de francophones et Européens à Overijse, la liste PLUS espère décrocher 9 sièges sur 27 et ainsi faire oublier le divorce de 2006 qui avait réduit le poids de ceux-ci face aux partis flamands représentés au Conseil communal.

Pourquoi pas de panneaux électoraux à Overijse?

Ce qui frappe ceux qui vivent ou circulent à Overijse, c’est l’absence totale de tout panneau ou affiche électorale pour cette liste unique, alors que le CD&V, la N-VA et l’Open VLD sont visibles partout sur les façades et aux bords des routes.

A en croire Jean-Pierre Audag, la raison est double: «Premièrement, nous optons pour une campagne respectueuse de environnement. Nous évitons les folders et affiches qui pourraient se retrouver partout et polluer nos rues. Nous optons pour des mailings électroniques et un site internet . » Tous les citoyens recevront dans leur boîte un dépliant de présentation des candidats et de leur programme. A cela s’ajoutera un toute-boîte du MR pour les communes de la périphérie. « Ensuite, les citoyens d’Overijse qui nous sont favorables nous connaissent très bien! Les francophones n’ont pas d’alternative, là où les partis flamands (CD&V, Open VLD, N-VA, Vlaams Belang,…) doivent se battre pour gagner des voix et faire bouger les lignes.»

Plusieurs sources nous confirment qu’une autre raison justifie – en partie du moins – cette étonnante discrétion: les panneaux électoraux francophones n’auraient qu’une toute petite espérance de vie. En effet, depuis plusieurs années, tous les affichages francophones sont systématiquement tagués ou arrachés par des flamingants et militants nationalistes. « C’est un travail et une dépense inutiles » en conclut un candidat francophone.

Dorian de Meeûs

Communiqué de presse de l’Association pour la Promotion de la Francophonie en Flandre (APFF)

Minorités nationales: Les Francophones de Flandre déterminés à être entendus par le Groupe d’experts de la CIPE.

De Haan, le 4 juillet 2018 – “S’agit-t-il d’un simple ‘oubli’ ou, plus grave, d’une ‘manœuvre politicienne’ pour ne pas déplaire aux nationalistes flamands de la N-VA qui ne veulent pas entendre parler de minorité francophone sur le sacro-saint territoire de la Flandre, toujours est-il que les Francophones de Flandre n’ont pas été consultés par le Groupe d’experts de la Conférence interministérielle de politique étrangère (CIPE) chargés de définir le concept de minorité nationale.”, peut-on lire dans le dernier numéro de “Nouvelles de Flandre”, organe de l’Association pour la promotion de la francophonie en Flandre (APFF).

Et à son directeur, Edgar Fonck, de poursuivre: “Les experts étaient pourtant favorables à une telle consultation.

Rétroactes – Lors du deuxième Examen périodique universel (EPU) de la Belgique à l’ONU début 2016, la Suisse et la Hongrie ont recommandé à notre pays de ratifier la Convention-cadre pour la protection des minorités nationales. Suite à cela, la Coalition des associations francophones de Flandre (CAFF) (1), par la voix de l’Association pour la promotion de la francophonie en Flandre (APFF), a demandé, le 2 mai 2016, de rencontrer le Groupe d’experts de la CIPE.

Précisons que la CIPE est placée sous la présidence du ministre des Affaires étrangères Didier Reynders (MR) et qu’elle réunit des représentants du gouvernement fédéral et des entités fédérées pour discuter de dossiers interfédéraux de politique étrangère. Parmi ces dossiers figure l’épineux dossier de la ratification de la Convention-cadre pour la protection des minorités nationales que la Belgique a signée en 2001, mais qu’elle n’a toujours pas ratifiée 17 ans plus tard.

Assez curieusement, notre demande de rencontrer les experts de la CIPE est restée sans réponse depuis lors.

Quelle n’a pas été notre surprise, en ayant finalement accès, récemment, au rapport de la réunion du groupe d’experts du 14 juin 2016, de découvrir, deux ans plus tard, que notre demande avait bel et bien été prise en compte à l’époque! (…)

Trois actions concrètes sont discutées dans ce fameux rapport:
– La visite d’une délégation du groupe d’experts au Conseil de l’Europe à Strasbourg;
– Une nouvelle réunion du groupe d’experts, à laquelle d’anciens ou actuels membres du Comité consultatif seraient invités;
– L’éventuel accueil de l’Association pour la promotion de la francophonie en Flandre (APFF) ‘qui a fait une demande formelle en vue d’une rencontre avec le groupe de travail’.

Le point 4 du rapport, intitulé ‘contacts éventuels avec les associations concernées’, nous intéresse tout particulièrement. ‘En ce qui concerne l’APFF, les membres estiment nécessaire de prendre par avance connaissance de leurs points de vue et questions ainsi que, le cas échéant, de ceux d’autres associations concernées qui le solliciteraient.

Leurs points de vue et questions au sujet de la Convention-cadre peuvent en effet être utiles pour compléter plus avant la liste de questions du Comité consultatif avec des questions concrètes ‘du terrain’. Les experts présents estiment par ailleurs intéressant d’apprendre de telles associations dans quelle mesure certaines minorités éventuelles souhaitent se voir protégées en tant que telles, étant donné que ce souhait est également une condition de l’application de la Convention-cadre.’

Viennent ensuite les ‘conclusions opérationnelles’ dont la première concerne l’APFF: ‘Il est convenu que le président confirme à l’APFF qu’il a communiqué leur requête en vue d’une rencontre avec le groupe d’experts, sans avoir reçu de réponse définitive, et les invite au nom du groupe d’experts à transmettre leurs points de vue et questions par écrit, de manière à ce que le groupe d’experts puisse en prendre connaissance avant de décider d’une éventuelle rencontre’.

Saluons la position des experts de la CIPE qui tient compte des recommandations de l’ONU (2). L’ONU précise que ‘la reconnaissance du statut de minorité ne relève pas de la seule décision de l’État. (…) Tout doit être fait pour garantir le respect du principe d’auto-identification. Et la société civile et les groupes minoritaires doivent être associés à l’ensemble du processus’. (…)

Forts de ce que nous venons d’apprendre, nous sommes plus déterminés que jamais:
– à être enfin entendus par les experts de la CIPE;
– à vouloir que soit relancé le processus de ratification de la Convention-cadre car, d’après Le Vif/L’Express, il semblerait que les experts ne se soient plus rencontrés depuis la réunion de 2016 et;
– à réclamer l’ouverture d’un large débat sur la question des minorités nationales. Cette initiative a d’ailleurs été soutenue, pendant la dernière campagne électorale, par notre Premier ministre actuel, alors président du MR.

Il n’est jamais trop tard pour bien faire !”

(1) La Coalition des associations francophones de Flandre (CAFF) regroupe six associations représentatives des 310.000 francophones de Flandre, en ce compris la périphérie de Bruxelles et l’entité des Fourons : l’Action Fouronnaise, l’Association culturelle de Dilbeek (ACD), l’Association de Promotion des Droits Humains et des Minorités (ADHUM), l’Association francophone de Leeuw-Saint-Pierre, l’Association pour la Promotion de la Francophonie en Flandre (APFF) et Citoyens de Zaventem.
(2) Recommandations formulées par le Forum sur les questions relatives aux minorités du Conseil des droits de l’homme, vingt-huitième session, A/HRC/28/77 § 10 et 24.

Minorités: Les francophones de Flandre saluent l’exemple suisse

De Haan, le 12 octobre 2017 – “Imaginons la commune de Fourons quittant la Province du Limbourg en Flandre pour rejoindre la Province de Liège en Wallonie ou Linkebeek rejoignant la Région de Bruxelles”, peut-on lire dans le dernier numéro des “Nouvelles de Flandre”, organe de l’Association pour la promotion de la francophonie en Flandre (APFF).

Et à son directeur, Edgar Fonck, de poursuivre: “C’est ce qui vient de se passer en Suisse, où les habitants de la ville francophone de Moutier ont choisi, le 18 juin, suite à une votation, de passer du Canton germanophone de Berne au Canton francophone du Jura.

Le 9 septembre dernier, le représentant de l’Association pour la promotion de la francophonie en Flandre (APFF) est intervenu à Delémont (Suisse) lors de la cérémonie officielle de la 70ème Fête du Peuple jurassien, devant un parterre de personnalités, pour saluer l’événement.

‘Mesdames et Messieurs, en vos titres et qualités, Chers amis, Alors que Moutier est au cœur de la 70ème Fête du Peuple jurassien, j’interviens d’une part au nom de la Conférence des Peuples de Langue Française (CPLF) et d’autre part au nom de l’Association pour la Promotion de la Francophonie en Flandre (APFF).

La CPLF est une des plus anciennes organisations non gouvernementales de la francophonie. Elle a été fondée en 1971 à l’initiative de Roland Béguelin, le père du Canton du Jura.

La CPLF réunit des mouvements représentatifs des francophones du Québec, d’Acadie, du Jura, de Romandie, du Val d’Aoste, de Wallonie, de Bruxelles, de Flandre et de France. A l’exception de la France, ces francophones ont la particularité d’être enclavés dans des Etats (Canada, Suisse, Belgique et Italie) où ils sont en situation minoritaire.

Je tiens, au nom de nos deux organisations, à féliciter nos amis prévôtois pour le combat qu’ils ont mené et qui a conduit la ville de Moutier à quitter le Canton germanophone de Berne pour rejoindre le Canton francophone du Jura, suite au vote du 18 juin dernier.

C’est un événement historique et un bel exemple de liberté et de démocratie qui honore la Suisse.

Un exemple dont devrait s’inspirer la Belgique et plus particulièrement la Flandre qui refuse de reconnaître l’existence d’une minorité francophone sur son territoire. Pourquoi les habitants de la périphérie de Bruxelles ou des Fourons, en suivant l’exemple suisse, ne pourraient-ils pas quitter librement la Flandre, s’ils le souhaitent, et rejoindre la Région de Bruxelles ou la Province de Liège?

Rappelons que la Suisse, lors du deuxième Examen périodique universel (EPU) de la Belgique à l’ONU à Genève, en janvier 2016, a recommandé à la Belgique de ratifier la Convention-cadre pour la protection des minorités nationales. Ce qui implique que les 310.000 francophones qui vivent en Flandre soient protégés et que soit mis fin au processus d’assimilation forcée, imposé par les autorités flamandes.

C’est l’objectif auquel nous nous attelons. La victoire des Prévôtois nous encourage à poursuivre notre lutte. Vive Moutier, Vive le Canton du Jura, Vive la Suisse.’

La démocratie directe est l’une des spécificités du système politique suisse. En Suisse, pays démocratique par excellence, le peuple participe largement aux décisions politiques au niveau fédéral, cantonal et communal.

Les citoyens ont la possibilité d’intervenir via trois instruments qui constituent le noyau de la démocratie directe : - l’initiative populaire qui, si elle est recevable, donne lieu à une votation ; - le référendum facultatif et - le référendum obligatoire.

Alors que l’indice de démocratie(1) de la Belgique, calculé par The Economist, est en chute libre depuis l’entrée de la N-VA au gouvernement et que notre pays est classé dans le groupe des « démocraties imparfaites », la Suisse, elle, figure en bonne place parmi les « pleines démocraties ».

Comme nous l’avions souligné précédemment, le score de la Belgique en matière de ‘participation politique’ est carrément désastreux. Pour ce critère, notre pays se retrouve au niveau de la Russie et de la Turquie. Une raison de plus pour suivre l’exemple suisse.”

Homans s’emballe

La ministre flamande des Affaires intérieures (N-VA) entend annuler l’établissement par les six communes à facilités de la périphérie bruxelloise d’un registre linguistique…

Ce registre linguistique reprend les noms des habitants Francophones souhaitant recevoir leurs documents administratifs en français pendant quatre ans. En rejetant ce processus, Liesbeth Homans refuse l’application de l’arrêt du Conseil d’Etat du 20 juin 2014.

En décembre 2015, Véronique Caprasse (DéFI), bourgmestre nommée par le Conseil d’Etat, avait fait appliquer l’arrêt en envoyant à sa population un courrier bilingue invitant les Francophones à se signaler auprès de leur administration communale pour recevoir en français toute communication émanant des services communaux, et ce pour une durée renouvelable de quatre ans.

La population a d’ailleurs réagi positivement et continue de répondre massivement à cet appel, précise DéFI dans un communiqué .

Dans son courrier de ce 13 juillet 2017 adressé aux autorités communales de Kraainem, la ministre Homans déclare ne reconnaître que les circulaires Peeters et consorts, spécifiant que les Francophones des communes à facilités vivent une période de transition avant de devenir Flamands.

A la demande de Véronique Caprasse, aujourd’hui première échevine, le Collège des Bourgmestre et Echevins de Crainhem (DéFI-MR-Cdh) a pris acte du courrier “hystérique” de la ministre et a instantanément décidé d’intenter un recours au Conseil d’Etat.