Minorité francophone en Flandre: L’APFF appelle la Belgique à la transparence

COMMUNIQUE DE PRESSE

Minorité francophone en Flandre: L’APFF appelle la Belgique à la transparence

De Haan (Belgique), le 8 avril 2013 – “Après le record du monde de la crise politique la plus longue, la Belgique va-t-elle s’illustrer dans une nouvelle discipline? La pratique de la langue de bois en réponse aux recommandations de l’ONU! Celles concernant les minorités, dans le cadre de l’Examen périodique universel, en particulier”, peut-on lire dans le dernier numéro des « Nouvelles de Flandre », organe de l’Association pour la Promotion de la Francophonie en Flandre (APFF).

Et à l’APFF de poursuivre: “Lors de l’Examen périodique universel de la Belgique en mai 2011, une dizaine de pays, dont quatre grandes puissances – les Etats-Unis, la Chine, l’Inde et la Russie -, se sont inquiétés de la situation des minorités dans notre pays.

La Russie a recommandé à la Belgique de ratifier la Convention-cadre sur la protection des minorités nationales. Tandis que la Hongrie recommandait, elle, la ratification de la Charte européenne sur les langues régionales ou minoritaires.

La Belgique ne s’attendait visiblement pas à ces deux recommandations. Elle avait, en effet, pris soin de ne pas parler de la situation de la minorité francophone en Flandre dans son rapport.

Face à cette situation délicate, la Belgique a fait savoir que ces recommandations, ainsi que onze autres, devaient faire l’objet d’un examen approfondi. Elle s’est en même temps engagée à ‘adopter une position claire à leur sujet’ au plus tard en septembre 2011, lors de la 18ème session du Conseil des droits de l’homme.

Mais, comme on pouvait s’y attendre, la clarification tant attendue n’était pas au rendez-vous. Le Représentant permanent de la Belgique auprès des Nations-Unies à Genève, François Roux, s’est contenté de déclarer que ‘jusqu’à présent, il n’y a pas d’accord, en Belgique, sur le concept de minorité nationale’. Et de rappeler, en guise de conclusion, que ‘la Belgique s’est engagée volontairement à présenter un rapport intermédiaire pour son examen périodique universel en 2013”. Avant d’ajouter : “Ce qui signifie que nous reviendrons vers vous, au Conseil des droits de l’homme, dans deux ans, pour vous faire part du bilan à mi-parcours et vous indiquer nos progrès’. (…)

Le bilan à mi-parcours de la Belgique sera présenté lors de la 24ème session du Conseil des droits de l’homme qui aura lieu à Genève du 9 au 27 septembre prochains. Le rapport intermédiaire est en pleine préparation. Le moins que l’on puisse dire, c’est que les points de vue divergent à propos du sort à réserver aux recommandations laissées en suspens, notamment celles concernant les minorités.

D’une part, il y a ceux – essentiellement du côté flamand – qui veulent que le bilan soit limité aux 88 recommandations acceptées, reportant, du même coup, aux calendes grecques, la réponse de la Belgique aux recommandations qui l’embarrassent. D’autre part, il y a ceux qui veulent saisir l’occasion du bilan à mi-parcours pour que la Belgique clarifie, enfin, sa position en matière de protection des minorités nationales. Ils estiment que le bilan doit aborder les recommandations pour lesquelles une position claire de la Belgique est attendue depuis 2011.

Nous venons d’apprendre, de source sûre, que le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, dont les services sont chargés de préparer le rapport intermédiaire, aurait, en réponse à une question écrite de Damien Thiéry (FDF), précisé que le rapport à mi-parcours concernait uniquement le suivi des recommandations acceptées par la Belgique.

L’APFF ne peut que dénoncer cette nouvelle mise au frigo de la question des minorités dans notre pays.

L’APFF, en tant que membre de la société civile, tient également à dénoncer qu’elle n’a, jusqu’à présent, jamais été consultée sur la question du respect des droits culturels de la minorité francophone en Flandre. Bien que ce soit l’objet de sa plainte à l’ONU. (…)

L’APFF a toutefois réussi à se faire inviter à la réunion de concertation avec la société civile qui aura lieu fin mai, dans le cadre du bilan à mi-parcours.

Nous serons très attentifs au suivi de la recommandation de l’Autriche qui appelle la Belgique à ‘rester en coopération étroite avec la société civile pour donner suite à la session de l’Examen périodique universel’. Notre association veillera tout particulièrement à sa mise en œuvre. Car en étant mieux informés, nous pourrons mieux nous défendre. Cette recommandation-là, au moins, la Belgique l’a acceptée. Et elle se doit de l’appliquer!”